Mode - Rencontres

Marina Benesty, créatrice de la marque mère-fille Harpe

7 août 2017

Avec un papa spécialisé dans la fabrication de manteaux et une maman styliste-modéliste, Marina Benesty, jolie brune de 28 ans, baigne dans le textile depuis toute petite. Après des études à l’Ecole Française des Attachés de Presse, elle s’occupe de la communication des marques de mode Faguo et Wooyoungmi, puis aide le concept-store parisien Merci à lancer son e-shop : « Voir toutes ces jeunes boîtes évoluer m’a donné envie de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat et de monter mon propre projet. C’était ça ou partir faire le tour du monde ! » L’idée de mettre en avant l’expertise de sa maman, ex-modéliste pour Sandro qui a tenu un atelier de style et de tendances pendant de nombreuses années, est venue assez rapidement : « Je suis allée voir ma mère et je lui ai proposé qu’on travaille ensemble. Je me suis dit que ce serait génial de pouvoir proposer de jolis vêtements de qualité et produits en France en vente directe sur internet. »

Pour le nom de la marque, plusieurs possibilités ont été imaginées, mais celui de Harpe est rapidement apparu comme une évidence : « Au départ, on s’est dit qu’on allait fusionner nos deux prénoms, Marina et Françoise, mais on s’est vite rendu compte que ça ne fonctionnait pas du tout. Ma grand-mère a une harpe dans son grenier, qui aurait appartenu à mon arrière grand-mère. Depuis que je suis petite, je suis fascinée par cet instrument. Choisir le mot “ harpe” comme nom de marque était l’occasion de faire un petit clin d‘œil à ma famille. »

Le site internet est lancé en mars 2014 avec une première collection de prêt-à-porter au style rétro et romantique. Le succès est immédiat et de nouvelles pièces doivent être créées pour répondre à l’enthousiasme des premières clientes : « Tout est réalisé à la main, du modélisme jusqu’au montage, dans notre atelier/showroom de la rue de Cléry, à Paris. On produit une quarantaine de pièces par vêtement, ce qui donne à nos collections un petit côté éphémère particulièrement grisant ! »

La mère et la fille ont des rôles bien distincts dans l’entreprise, même si elles décident de tout à deux. Marina s’occupe de la communication et du développement commercial, tandis que Françoise se consacre au stylisme, au modélisme et à la production : « Sans ma mère, je n’aurais jamais pu créer Harpe. On imagine ensemble les différentes collections. La plupart du temps, j’arrive avec une idée de vêtement et elle me fait des propositions de coupe, de tissu etc. C’est elle qui fait en sorte que le vêtement soit confortable et qu’il tombe parfaitement, c’est elle la pro ! »

Au printemps 2016, Harpe lance sa première collection de robes de mariée : « Un joaillier nous a proposé d’exposer nos vêtements avec ses bijoux. Avec maman, on s’est dit que ce serait sympa de proposer une petite robe blanche pour l’occasion. Nos clientes ont adoré et nous ont demandé de créer une ligne de robes de mariée à la sauce Harpe, avec ce petit côté vintage qui nous caractérise. Pour financer l’achat des matières et produire les cinq premiers modèles, on a lancé une campagne de financement participatif sur Kickstarter, qui a très bien fonctionné. Depuis, on propose plusieurs nouvelles robes par an. »

Le style Harpe est résolument féminin : « J’adore le rétro, la dentelle et les petites fleurs, et je pense que ça se ressent dans les collections. Avec ma mère, on regarde beaucoup de vieux films sur Arte et on observe toujours les tenues des actrices. On ne s’inspire pas du tout des tendances actuelles ! Pour nous, les détails les plus fins et les plus jolis viennent du passé. » Malgré tout, cette passion pour le vintage n’empêche pas Marina et sa maman de proposer des pièces plus urbaines ni d’avoir des idées avant-gardistes : « On vient de développer le premier sac à main de la mariée ! Beaucoup de jeunes femmes nous ont fait part de cette envie et on a imaginé pour elles un joli sac en cuir grainé écru qui se transforme en pochette en deux secondes. C’est mon voisin de palier qui les réalise de façon artisanale. C’est le créateur de toutes les premières séries de grandes maisons de luxe, alors je suis plutôt fière ! »

La toute jeune marque doit son succès à ses pièces ravissantes mais aussi à la relation très étroite qu’elle entretient avec sa clientèle : « Avec maman, on prend le temps d’écouter nos clientes. On modifie parfois des modèles à leur demande, et certaines nous envoient des photos d’inspi pour nos prochaines collections ! C’est très important pour nous de créer ce genre de lien. » Autre lien précieux, celui qui lie Françoise et Marina, mère-fille à la vie et associées à la ville : « Je suis très proche de ma mère. Petite, je passais beaucoup de temps avec elle, à jouer dans les chutes de tissu. On s’entend vraiment très bien et on est presque toujours d’accord ! »

Comme nombre de petites marques, Harpe se laisse volontier séduire par les collaborations. Fin 2015, le joli logo de la griffe se retrouve sur la célèbre Gambettes Box de My Little Paris : « Je suis une grande fan de collants plumetis et j’ai été hyper heureuse de pouvoir en imaginer une paire pour la box de Noël. Cette collab’ nous a apporté une jolie notoriété. » Pour cet été, Harpe s’est associée à la marque de maillots de bain Calipige pour une autre box en édition limitée : « On a designé un headband qui reprend notre imprimé fleuri de cet été et Calipige a créé un une-pièce blanc dos nu très échancré. Le résultat est très frais ! » Dans l’avenir, Marina aimerait beaucoup signer une collection capsule pour Monoprix, comme ont pu le faire Albertine, Lorafolk et Louise Misha. En attendant cette jolie reconnaissance, la collection printemps/été de prêt-à-porter Harpe est disponible sur l’e-shop de la marque jusqu’à épuisement des (petits) stocks.

 

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