Beauté - Rencontres

Lucile Battail, fondatrice de la marque de cosmétiques sur-mesure Laboté

6 mars 2018

Lucile Battail, jolie brune au sourire communicatif, a toujours aimé jouer à la petite chimiste. Élevée en Seine-et-Marne, elle passe la plupart de son temps dans le jardin de la maison familiale, à construire des cabanes avec ses frères et sœurs et à imaginer des potions pour les guérir de maux imaginaires : « Je récupérais des tubes en plastique dans lesquels je faisais tremper des fleurs de différentes couleurs. L’eau devenait alors bleue, rose ou jaune, comme les filtres magiques dans les dessins animés. Bon, ça c’est quand je réussissais, car j’ai aussi réalisé d’autres préparations à base de terre et de lombrics qui ont moins plu à mes parents, surtout quand ils se sont rendus compte que je testais tout sur mes sœurs ! »

Quelques années plus tard, son bac S en poche, elle s’inscrit en fac de pharmacie, des rêves d’officine et de potions plein la tête : « J’ai adoré mes six années d’études mais ça ne ressemblait pas du tout à ce que j’avais imaginé. Je m’étais inscrite en me disant que j’allais apprendre à fabriquer des crèmes et des breuvages et que j’allais tout de suite ouvrir ma propre pharmacie. Au final, ça ne s’est pas vraiment passé comme ça. » Après un premier stage en officine, formateur mais très éloigné de ses envies de pipettes et de tubes à essai, Lucile décide de changer de parcours et de se spécialiser en chimie. Lors d’un TP, elle a une révélation : « Je devais réaliser une synthèse de paracétamol, c’est à dire synthétiser la molécule puis faire le comprimé. Après cinq heures de travail, j’avais réussi, mais je me retrouvais avec un banal comprimé en face de moi. J’étais hyper frustrée, tout ça pour ça ! C’est à ce moment là que j’ai compris qu’il fallait que mon produit final me plaise un minimum. » La jeune étudiante décide alors de se spécialiser en cosmétique et effectue un stage dans un laboratoire de dermocosmétique où elle développe, non sans excitation, son tout premier produit.  

En parallèle de ses études, elle travaille dans différentes parapharmacies et conseille les clients dans leur choix de produits de beauté et de soin. Le cas d’une patiente l’intéresse plus particulièrement : « A chaque fois que je lui conseillais une crème pour sa peau fragile et allergique, elle revenait plusieurs jours après pour me dire qu’elle ne lui convenait pas. En tout, elle a dû revenir quatre fois ! » Lucile se met donc à étudier la liste d’ingrédients de ces crèmes pour tenter de déterminer ceux qui ne convenaient pas à sa cliente : « Je me suis rendue compte que ces produits, pourtant indiqués pour les peaux sensibles, contenaient beaucoup de conservateurs, cires ou parfums sans vertus pour la peau et même parfois irritants. J’ai commencé à questionner l’utilité de tous ces ingrédients rendus nécessaires par les contraintes de conservation des produits de beauté. » L’idée d’une marque de cosmétiques sur-mesure, sans conservateurs ni ingrédients inutiles, germe doucement mais sûrement dans son esprit.

Si le nom de Laboté n’a pas été une évidence (le projet s’est appelé La crème de la crème pendant un long moment), le concept s’est rapidement imposé à la jeune entrepreneuse : « Je voulais proposer aux consommateurs de pouvoir créer leur crème sur-mesure, fraîche et personnalisée avec un professionnel et de repartir directement avec, d’où l’idée du labo intégré à la boutique. » Se pose alors la question du procédé de fabrication : « Dans un laboratoire classique, en stage ou à la fac, je mettais 1h30 à faire une crème, ce qui n’était pas compatible avec mon idée d’instantanéité. J’avais besoin de pouvoir préparer ma crème en 5 minutes. » En plus de préparer le Master Spécialisé Entrepreneurs d’HEC, Lucile se rapproche de Philippe Arnaud, expert en galénique à Paris V, qui lui ouvre son labo et accepte de diriger sa thèse. Au bout d’un an de travail acharné, en septembre 2015, elle trouve enfin la bonne formule magique : « Un soir, au labo, alors que j’étais très fatiguée, j’ai eu l’idée de mélanger deux ingrédients et j’ai obtenu une texture de crème incroyable, en 5 minutes et à froid. J’ai refait quarante fois l’expérience pour être sûre que ce n’était pas un coup de chance mais non, ça fonctionnait bien ! J’ai déposé le brevet dans la foulé puis j’ai commencé à chercher des financements et à participer à des concours pour tester le concept. » La première boutique-labo Laboté ouvre en avril 2017, près de la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris.

La grande fierté de Lucile, ce sont les formules minimalistes et clean de ses produits, elle met donc un point d’honneur à choisir des ingrédients de qualité aux vertus prouvées : « En Master 2, j’ai fait un stage chez un fournisseur de matières premières qui m’a permis de découvrir tous les ingrédients possibles et imaginables. Comme j’ai opté pour un circuit court, je peux me permettre d’être plus exigeante dans la sélection des actifs qui viendront composer mes crèmes, ce qui est un vrai plus. » La marque, qui vient d’être certifiée vegan, travaille avec des plantes cultivées de façon biologique et sélectionne ses ingrédients selon leur biocomptabilité avec la peau et leur impact sur l’environnement.

La jeune femme peut aussi se vanter d’avoir créé la seule gamme de cosmétiques française dont les produits sont élaborés minute pour les clients, une fois leur diagnostic de peau réalisé, en boutique ou sur internet, par un docteur en pharmacie : « Grâce aux technologies d’aujourd’hui, on est capables de proposer des crèmes sur-mesure à un prix compétitif. Plus que la personnalisation, je pense que la création au cas par cas est le futur de la beauté mais aussi de plein d’autres secteurs comme la mode ou la médecine. » Le temps que Laboté dédie à chacun permet à Lucile d’entretenir une vraie proximité avec ses consommateurs, ce qu’elle apprécie particulièrement : « On a une chance folle d’être tout le temps en contact avec nos clientes. On sait ce qu’elles aiment et ce qu’elles aiment moins, les produits dont elles ont besoin et ceux qu’elles n’utilisent pas… Elles nous inspirent et nous motivent, on apprend beaucoup grâce à elles. »

Portée par l’engouement que suscite son projet, Lucile ne manque pas d’idées pour sa petite entreprise et l’agenda de Laboté est bien rempli ! La jeune femme et ses équipes travaillent actuellement sur une ligne de masques frais, sur le principe du multimasking, qui devrait sortir pour le printemps. Elles planchent aussi sur un projet de packs rechargeables : « J’ai envie que la marque soit cohérente jusque dans ses packagings. On suggérerait à nos consommateurs de laver les contenants en verre chez eux puis on leur proposerait nos produits sous forme de berlingots recyclables. Pour moi, c’est vraiment la dernière étape de production qui mérite d’être perfectionnée. » Une fois les rouages bien huilés, la jeune chef d’entreprise rêverait d’installer des boutiques-laboratoires à l’étranger : « J’adorerais qu’on puisse s’offrir une crème sur-mesure Laboté dans le monde entier, à Paris comme à Rio de Janeiro. De façon plus générale, j’aimerais réussir à démocratiser cette façon différente de consommer des produits de beauté, plus responsable et vraiment adaptée aux besoins de chacun. »

En attendant de régner sur les plus belles avenues du monde, Laboté sera l’invitée des Galeries Lafayette Haussmann du 26 février au 1er avril 2018. L’occasion idéale pour découvrir la marque et rencontrer Lucile !

 

  • Laboté, 11 rue Madame 75006 Paris
  • E-shop

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