Mode - Rencontres

Laura Foulquier, créatrice touche-à-tout des robes de mariée Lorafolk

20 septembre 2018

S’il y a bien un domaine dans lequel Laura Foulquier, jolie trentenaire aux cheveux dorés, ne se voyait pas évoluer, c’est bien celui du mariage. Issue d’une famille peu attachée aux conventions sociales et par ailleurs très soudée, la jeune femme n’a jamais rêvé du grand « Oui » devant Monsieur le maire. Pourtant, c’est avec celui qui est aujourd’hui son mari qu’elle a lancé Lorafolk en 2011, sans se douter que la marque, au départ spécialisée dans le prêt-à-porter haut de gamme, deviendrait quelques années plus tard une référence pour toutes les futures mariées en quête de jupes poétiques et de dentelles délicates.

Le bac en poche, après une année de préparation à l’entrée aux écoles d’art à Penninghen, Laura rentre à L’Atelier Chardon Savard, à Paris, où elle étudie le stylisme : « J’ai beaucoup hésité avec l’architecture d’intérieur. En fait, ce qui m’intéresse le plus, dans la création d’un vêtement comme dans le réagencement d’un appartement, ce sont les différentes étapes de réalisation, de l’idée brute jusqu’à la révélation. Sur le papier ce sont des disciplines très différentes, mais au final elles ne le sont pas tant que ça. » Après trois années intenses où elle développe sa créativité et ses aptitudes manuelles, la jeune femme enchaîne avec un master en marketing afin de se former aux différents métiers du monde de la mode : « J’avais envie de toucher à tous les domaines pour être sûre de mon choix et me former au mieux. » Au cours de cet apprentissage, elle effectue plusieurs stages dans de grandes maisons de couture comme Balmain, Christian Lacroix ou encore Chanel : « J’ai adoré ces différentes expériences qui ont toutes été très formatrices. Elles m’ont conforté dans l’idée que monter ma marque répondait le plus à mes attentes et à mes envies. »

A 26 ans, Laura profite d’une période de recherche de travail en tant que styliste freelance pour commencer à créer ses premiers modèles de robes, tops et jupes pensés pour les grandes occasions comme pour le quotidien : « Je consacrais mes matinées à l’envoi de CVs et je profitais de mes après-midis de libre, lorsque je n’avais pas d’entretiens, pour construire ma marque. » Pour la soutenir mais aussi l’aider dans toutes les étapes de son joli projet, la jeune femme peut compter sur Quentin, son amoureux : « A l’époque, après une prépa art à L’Atelier de Sèvres, il s’était dirigé vers le droit boursier. Ca l’intéressait mais ça ne l’animait pas vraiment. Il avait ce besoin de ramener un peu de créativité dans sa vie, alors il m’aidait le soir et le week-end à développer une patte et une identité visuelle exclusives, jusqu’à s’y consacrer pleinement un an plus tard.  »

Pour faire découvrir ses pièces de prêt-à-porter, la créatrice en herbe organise une vente dans un bel appartement parisien et missionne ses copines pour faire fonctionner le précieux bouche à oreille : « Les prototypes sont partis comme des petits pains, on était vraiment hyper heureux avec Quentin ! L’engouement autour de la marque nous a encouragé à continuer sur cette voie. » Lorafolk, c’est un véritable travail d’équipe : « Quentin s’occupe entre autres de la production, de la distribution et de l’aspect financier tandis que je gère plutôt le style et la communication. On s’est lancé sans vraiment savoir où ça nous mènerait. On a ouvert une boutique dans le centre de Paris et on a commencé à proposer deux collections de vêtements haut de gamme par an. Tous les modèles étaient réalisés sur place, dans un atelier attenant au showroom. C’est toujours le cas aujourd’hui. »

Sa première robe de mariée, Laura la dessine un peu sur le coup du hasard : « En 2012, une amie m’a demandé de réaliser sa robe. C’était une première pour moi mais j’ai trouvé que c’était plutôt cohérent avec l’univers de ma marque, et puis j’avais déjà l’habitude de travailler avec de très belles matières pour mes collections de prêt-à-porter donc, en plus de me faire plaisir, ça ne me demandait pas d’effort particulier. » La robe remporte un franc succès et la reine du jour comme les invités sont séduits par les lignes pures et fluides d’inspiration bohème tracées par Laura, un style encore assez peu développé chez les marques et créateurs spécialisés. La même année, encouragé par ces retours enthousiastes, le couple décide de lancer une capsule dédiée à la mariée puis, quelques mois plus tard, le téléphone ne cessant de sonner, une première vraie collection composée d’une quinzaine de robes ivoire : « Les premiers modèles sont venus d’une façon très spontanée. J’ai repris les codes de mes tenues habillées et je les ai adaptés au monochrome. Ca a été une vraie révélation pour moi, surtout que j’aime beaucoup le blanc et ses différentes nuances. »

Aujourd’hui, le duo créatif propose deux collections de robes longues et de robes courtes par an, et le joli boudoir de Lorafolk est devenu un passage obligatoire pour toutes les brides to be : « Au fil des années, je crois qu’on a réussi, tout en conservant un style très naturel, à proposer des robes pour toutes les personnalités. On n’a pas vraiment de cliente type : certaines se marient en sandales plates, les cheveux lâchés, et d’autres préfèrent un style plus sophistiqué. Chacune s’approprie sa robe, et c’est ce que j’aime. »

D’un naturel curieux, la jeune femme trouve son inspiration aussi bien dans les livres d’archives des grandes maisons de couture (avec une préférence marquée pour les années 1930) que dans sa vie quotidienne : « J’ai toujours le nez en l’air et je peux m’inspirer de tout et n’importe quoi ! Un immeuble, un film, un voyage… Tout peut me donner envie de sortir mon carnet de croquis et je ne suis jamais à court d’idées. »

Ce désir permanent de créer, Laura Foulquier le canalise dans différents projets qui lui tiennent à cœur : en 2016, elle a lancé deux nouvelles lignes, Babyfolk et Le Bazar de Lorafolk. La première propose de jolies robes pour les petites filles d’honneur et la seconde des objets de déco artisanaux fabriqués en Inde et au Maroc. Le prêt-à-porter a fait son grand retour début 2018 sous le nouveau nom de Garde-robe d’exception : « Toutes ces différentes collections se répondent. Lorsque la future mariée trouve sa robe chez nous, elle est contente de pouvoir habiller ses nièces mais aussi ses témoins dans le style Lorafolk. Le Bazar, c’est mon petit plaisir personnel, un clin d’œil à ma passion pour le voyage et l’artisanat. »

En véritable touche-à-tout, la créatrice partage volontiers son énergie débordante avec d’autres marques le temps de collaborations inédites : « Les collabs’ me donnent la possibilité de me diversifier et de travailler avec des corps de métiers variés, ce que j’apprécie particulièrement. Pour Monoprix, en 2016, j’ai imaginé des robes et de la déco mais aussi de la lingerie et de la papeterie, deux domaines que je ne connaissais pas. J’ai adoré sortir de ma zone de confort. » Créer pour et avec d’autres lui permet de ne jamais avoir l’impression de tourner en rond : « J’aime faire mille choses à la fois. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais aussi une ligne de bijoux et de chaussures ! Heureusement que Quentin est là pour m’aider à ne pas trop me disperser. » Cet automne, c’est avec Tartine et Chocolat qu’elle propose une collection capsule de tenues de cérémonie pour les plus petits.

L’avenir de Lorafolk, Laura le voit à l’international : « Beaucoup de nos clientes viennent de l’étranger et ce serait plus simple pour nous d’avoir des boutiques ou même des points de vente dans d’autres pays. On aimerait pouvoir offrir la même expérience de création à toutes nos futures mariées. » Elle souhaiterait aussi continuer à développer le prêt-à-porter, son premier amour, en ouvrant des corners Garde-robe d’exception dans de grands magasins : « J’ai très envie de pousser ma ligne de vêtements habillés de confection 100% française. La belle façon, c’est vraiment important pour moi et je ne pourrai jamais renier sur la qualité. » Une bonne nouvelle pour les fans de la créatrice, celles qui préparent leur joli jour comme celles qui cherchent encore leur moitié, qui peuvent dès à présent découvrir sa nouvelle collection de robes immaculées pour 2019.

 

  • Showroom Lorafolk, 10 rue Beauregard 75002 Paris, essayages sur rendez-vous.
  • Site internet
Portrait de Laura et photo de couple © Laurence Revol

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